Toya
Verrine de foie gras "Cuba Libre"
La décoration du Toya est sobre, moderne et assez distinguée et il y a fort à parier que de jour la vue sur le golf doit être agréable et apaisante mais ce soir là il faisait déjà nuit quand on est arrivé. Au début nous n’étions pas sur d’être au bon endroit, pas la moindre enseigne, pas la moindre indication, aucun panneau pour nous aider mais nous étions pourtant bien arrivés au Toya, tout jeune restaurant (il n’y a pas un an qu’il est ouvert) à côté du golf de Faulquemont.
La carte est assez minimaliste (maximum 3-4 propositions d’entrées, de plats et de desserts) et se veut lapidaire puisque écrite dans un style télégramme. Petit détail qui m’agace : la gente féminine a eut le droit à des cartes sans prix pendant que ces messieurs avaient le droit de constater le prix des menus (46€ et 56€), je trouve ces pratiques terriblement ringardes et sexistes. Depuis quand les filles n’ont pas le droit d’inviter les garçons au restaurant ? N’importe quoi.
Homard, légumes croquants et royale d'oursin
Ce détails mis à part la soirée a très bien commencé avec deux amuses bouche, l’un m’a permis de gouter aux oursins (cachés sous une julienne de pomme et une écume blanche aérienne) pour la première fois de ma courte vie ; les oursins étaient si cuisinés (en sorte de gelée crémeuse appelée royale) que je n’imagine pas à quoi ça peut ressembler pris sur le vif au sortir de sa coquille, mais au goût c’était ok… c’est en fait peut être une bonne façon de rencontrer l’oursin dans son assiette plutôt que sous l’eau pour une première fois? Le deuxième amuse bouche m’a vraiment beaucoup enthousiasmée : une crème de foie gras "cuba libre", c'est-à-dire avec une gelée de coca. Ce qui peut paraitre douteux sur le papier était en fait parfait : la crème de foie gras était crémeuse, agréable et pas écœurante et se mariait très bien avec la gelée de coca pas ultra-trop figée. S’en est suivi une pré-entrée qui m’a fait remanger un escargot, chose que je n’avais pas faite depuis genre 20 ans (et j’ai du avouer que préparé sans beurre ni persil ce n’était pas mauvais) puis mon entrée : du lapin cuit 24h à basse température, farci de foie gras et servi avec des petits légumes croquants. C’était bon, la viande était fondante et chouette ! le foie gras gardait de la texture malgré la longue cuisson.
Les plats sont peut être moins sophistiqués et plus sobres (absence d’espuma pour les viandes mais pas du côté des poissons avec notament un très simple - mais apparement très bon même si je n'ai pas pu y gouter - filet de sole, sauce aux moules et émulsion beurre noisette) mais n'en sont pas moins bons : filet de bœuf angus avec betterave jaune, tombée d’épinards et purée de pomme de terre ou pigeon, panais au miel et purée de pomme de terre.
Ce que j’ai préféré c’est le pré-dessert : dans un verre à cosmopolitain (ou à martini selon votre génération), un sorbet vodka-tagada avec espuma lait-fraise : parfait, fin, délicat, bien équilibré. J’ai adoré et j’en aurai voulu encore et encore… et je n’étais pas la seule. Mon dessert par contre m’a un peu déçue et m’a fait me demander si au restaurant de manière générale je n’étais pas plus exigeante envers les desserts qu'envers le reste ? Un clafouti à la pomme (un peu gras et sucré, manquant de finesse et qui faisait plus penser à un gâteau qu'à un clafouti), une brunoise de pommes à la vanille et une mousse pomme granny dont le parfum ne laissait que peut de doute : il n’était pas très naturel (trop de puissance) et donnait une impression d’arôme artificiel. De plus la texture était un peu trop gélatinée à mon gout, le sorbet pomme verte était agréable et bienvenu en fin de repas.
Dessert autour de la Pomme Granny
Nous avons passé une bonne soirée au Toya et nous y avons bien mangé, les plats sont travaillés, il y a de belles idées et il n’y a à ma connaissance pas beaucoup de restaurants de cet acabit dans la région. On reprochera peut être simplement au jeune chef (25 ans) la surabondance d’espuma pas toujours là à bonne escient et la volonté de faire bien (trop bien?), trop haut de gamme pour débuter dans la région : les prix pratiqués sont ceux d’un restaurant bien installé qui a trouvé et séduit sa clientèle, ici vu le nombre de tables un samedi soir on se dit qu’il faudrait proposer peut être des produits moins luxueux (foie gras, homard, oursin, bœuf angus…) pour des tarifs plus abordables, tout en restant bien sûr aussi créatif. En tous cas, sa démarche mérite d'être soutenue. A noter aussi un service bien en dessous de la qualité de la cuisine proposée.
D’après certains la carte des vins est très belle mais les tarifs le sont aussi, vous pouvez vous faire une idée par vous même en cliquant ici.
Toya
Avenue Jean Monnet
57380 Faulquemont
Téléphone : 08 99 78 74 78
http://www.toya-restaurant.fr/
Entrées 15-20 €
Plats autour de 25 euros
Menu à 46€ (entrée plat dessert) et 56€ (entrée poisson viande dessert) avec à chaque fois amuse bouche, préentrée, prédessert etc.