Beau à la louche

un peu plus que de l'eau à la bouche...

lundi 31 janvier 2011

Une vie en cartons - Tarte rustique aux poires, chocolat et noix


Il ne faut pas seulement trier, il faut jeter. Et beaucoup. Jeter, jeter et encore jeter. Ou donner, beaucoup. Et ça c'est pas trop mon truc. Les petits rien du quotidien, les petite choses sans valeur qui ont bercé mon enfance, ça ne se jette pas.
Fouiller dans ses placards oubliés, retrouver ses plus belles pièces de dinettes soigneusement rangées et emballées dans une boite de chaussure Babar, redécouvrir sa phénoménale collection de savonnettes d'hôtel (il peut y avoir la guerre, je mourrais peut être de faim mais je serais toujours propre) (et sa savonnette préférée: celle du Kenya avec un éléphant sur la boite déchiquetée et scotchée au fil des ans), découvrir dans une boîte Quality Street les aliments miniatures en pâte à sel, réalisés et peints avec ma nounou et avec lesquels je jouais à la dinette, garder le ticket du manège du parc de la ville d’à côté retrouvé dans un tiroir de ma mère, retrouver les TShirt fétiches du collège, ceux que l'on choisissait soigneusement pour aller aux booms, redécouvrir des projets d'arts plastiques du lycée que l'on avait complètement occulté, retrouver aussi sa grenouillère préféré (avec les lettres de l'alphabet) que l'on mettait à Nounours, remettre la main sur l'appareil photo polaroid qui faisait des photos d'identité dont on ne se souvenait plus, trier avec elle les robes que ma mère portait quand j'étais enfant et constater bizarrement que celles que je préférais alors sont sans doute les plus démodées, voir toute une vie disparaitre dans des cartons qui ne suivront pas mes parents dans leur nouvel appartement.
Au milieu des cartons de la cave, voir défiler son étale de marchande smoby, un nombre incalculable de poupées et de peluches, ses mini plaques de cuisson en plastique, un téléphone à roulettes vintage, toute une vie de chaussures (ma mère ayant plus ou moins collectionné les chaussures de tous les membres de la famille pendant près de trois décennies...), devoir jeter sa première paire de converse et les adidas bleu et jaune que l'on aimait tant, comprendre que si j'achète quatre fois les même ballerines repetto c'est sans doute car ma mère m'avait acheté trois fois les mêmes petites sandales en cuir bleu marine dans des pointures différentes (sans compter le même modèle qui apparait aussi deux fois en blanc), reconnaitre des habits que l'on portait sur des photos et au moment où je n'y croyais plus, découvrir au fond d'un vieux carton pampers la robe de mes trois ans. La sauver, bien évidemment. Par contre ne pas remettre la main sur sa poupée préférée…
Retrouver dans les valises de mon père quelques perles comme ce forfait de la plagne plus vieux que moi et cette coupure de presse "Comment se nourrir pour embellir"(!). Sauver précieusement et discrètement ses plus belles billes, son premier porte monnaies en cuir rouge où l’on rangeait soigneusement ses quelques pièces, sauver nos cahier de CP à ma sœur et à moi,  nos dessins de maternelle et nos cahiers de poésies, garder mes rédactions de français, le pull blanc de quand j’avais à 6 ans, avec le liseré vert et les cerises rouges, ces baskets roses taille 27 que j'avais sur les photos de la ferrade et cette paire de bottes en caoutchouc rouge en souvenir des photos d'une balade en foret, en jogging rouge et noir, où je m'étais retrouvée fort embêtée quand après avoir marché dans une flaque, au pas suivant la botte rouge était restée toute seule au milieu de la flaque, sans moi.  Replonger dans les livres sur lesquels on a appris à lire, se souvenir des histoire qu'on me lisait le soir au lit et se voir dire que non, on ne peut pas garder tous les livres qui sont dans le buffet... éclater en pleurs.
Photographier cette cuisine où j'ai dû faire mon premier gâteau, celle où j'ai réalisé un nombre incalculable d'oreillons aux abricots puis de nougats glacés et qui depuis tout ce temps n'a pas bougé d'un iota... ou si peu. Faire ses derniers pas dans sa chambre vide, se dire qu’on n’y reviendra plus, serrer les dents. Être un peu déçue à l'idée que la table de la cuisine en carrelage sur laquelle on a mangé tous les matins, tous les midis et tous les soirs pendant des années sera laissée là... Que maintenant tout ça appartient à quelqu’un que je ne connais pas mais dont le mauvais goût en terme de luminaire n’est plus à démontrer…
Rentrer à Strasbourg la voiture pleine de tout ce qui est si précieux que ça ne peut pas être confié aux mains des déménageurs, avant de prendre la route, photographier ses parents sur le pas de la porte.

 

tarte_poire_choco_noix

 

 

Tarte rustique aux poires, chocolat et noix

Pour la pâte
(selon Laurence Salomon)
225g de farine complète
75g de petits flocons d'avoine
3 cuillères à soupe de sésame blond
1 cuillère à café rase de sel
3 cuillères à soupe de cassonade
2 cuillères à café de poudre équinoxiale d’O. Roellinger (cannelle, vanille, poivre noir, épices)
4 cuillères à soupe d'huile d'olive
+/- 130mL d'eau
Pour la garniture :
1kg de poires mûres mais fermes
4 œufs
200mL de crème de soja (type « soja cuisine »)
3 cuillères à soupe de cassonade
200g de chocolat noir grossièrement découpé
100g de noix grossièrement concassées
1 pointe de couteau de cannelle
1 pointe de couteau de piment d’Espelette

Préparer la pâte :
Dans un bol, mélanger la farine, les flocons d’avoine, le sésame, le sel, la cassonade et la poudre équinoxiale. Ajouter ensuite l’huile d’olive et juste assez d’eau pour former une belle boule de pâte homogène. Emballer dans du papier film et réserver au frais le temps de préparer la garniture.

Préparer la garniture :
Peler et épépiner les poires, les détailler en petits dés, réserver.
Dans un bol, fouetter les œufs, la crème de soja et la cassonade. Y ajouter le chocolat, les noix, la cannelle et le piment d’Espelette, bien mélanger puis ajouter les poires, réserver.

Préparer la tarte :
Préchauffer le four à 180°C.
Étaler sur une feuille de papier sulfurisé la pâte à tarte à l’aide d’un rouleau à pâtisserie, foncer un moule à tarte avec et verser la préparation poires – noix - chocolat, lisser la surface de la tarte et enfourner pour 30 minutes.

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Commentaires

  • Que de nostalgie... Je n'ose même pas imaginer le jour où mes parents déménageront.
    Mais à Paris c'est un peu différent, les surfaces à vivre n'étant pas très grandes, il est difficile de stocker autant de souvenirs. Mais les images et les souvenirs de tout ce temps passé en ces lieux me manqueront grandement le jour où ils partiront.
    Bon courage pour ce passage !

    Posté par Parigote, samedi 5 février 2011 à 18:35
  • Finalement je me dis que j'ai de la chance d'avoir une maman qui jette au fur et à mesure ... même si , sur le coup, le jour où je me suis rendue compte que mes paires de pointes et mes tenues de gala de danse avaient disparues j'ai dû la détester quelques minutes !

    Posté par nat@cha, samedi 5 février 2011 à 18:49
  • QUOI ??? Tu as jeté tes pogs ??? Sacrilège !!

    ...

    Posté par Baluchon, dimanche 6 février 2011 à 12:04
  • je suis l'inverse de toi. je jette tout ce qui pourrait me rattacher au passé. je ne veux vivre que pour l'avenir; le passé ne m'intéresse pas au grand désespoir de ma mère qui aime bien conserver. When it's done, it's done comme dit John Lennon.

    Posté par marie, dimanche 6 février 2011 à 14:00
  • Bouhouhou !

    Posté par Isabelle, dimanche 6 février 2011 à 18:52
  • Très ému par ton article merci.
    Moi c'est le gateau aux noix qui me rappelle des souvenirs de ma grand-mere, elle m'en faisait des delicieux !

    Posté par seb, lundi 7 février 2011 à 04:00
  • natacha: les pointes disparues? Quelle horreur!!

    Posté par loukoum°°°, mercredi 9 février 2011 à 07:25
  • La pâte doit être extraordinaire! Merci !

    Posté par Méli, vendredi 11 février 2011 à 18:57
  • et si on parlait de la tarte !

    j'aime bien trouver dans les commentaires les essais, les trucs et astuces de chacun, c'est rarement le cas ?? et cette tarte, pour être rustique elle est rustique ! d'autant plus que j'avais oublié l'huile d'olive dans la pâte !!!mais à mon grand étonnement elle tenait et j'ai pu l'étaler ?? l'ensemble était pas mal il manquait qd même de la matière grasse (mais j'avais bien graissé mon moule!)et de l'avis de mes collègues un poil de sucre en plus dans la garniture aurait été apprécié

    Posté par BA, vendredi 18 février 2011 à 18:44
  • Et oui cette pâte s'étale très bien sans pour autant regorger de gras et je trouve personnellement que le fait qu'il y ait peu de matière grasse ne soit pas un obstacle au gout, elle est différente des pâtes traditionnelles mais pourtant très bonne.
    Ensuite moi je n'ai pas trouvé la tarte trop peu sucré mais là c'est une histoire de gout et d'habitude: plus on mange sucré plus il faut de grandes quantités de sucre pour ressentir le sucré

    Désolée pour que la tarte ne vous ait visiblement pas vraiment convaincue!

    Posté par loukoum°°°, dimanche 20 février 2011 à 09:52
  • Meilleure le lendemain

    Je n'avais pas assez de noix. J'ai donc rajouté des amandes en poudres et cela était pas mal. Nous l'avons mangée à la sortie du four et ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux à faire car du coup, la pâte semblait un peu étouffante et le goût de l'huile d'olive prenait un peu trop le dessus. En revanche, après une nuit passé au frigo, elle était parfaite. La pâte avait un peu ramolli, le chocolat fondu était devenu croquant et le tout était bien agréable pour un gouter du dimanche. J'ai démanagé il y a un mois, ce qui coïncide avec l'achat d'une nouvelle cuisinière avec plaques à induction (c'est vraiment super en passant). Et depuis, je cuisine du beaualalouche au moins tous les week-ends. C'est super sympa... mais j'ai pris 2 kg en un mois !! Arggghhh. Tu ne m'as pas dit comment tu faisais pour ne pas devenir énoorme

    Posté par Béji, lundi 7 mars 2011 à 10:50
  • des amandes entières ça aurait été mieux pour le croquant que la poudre.
    Je rêve aussi d'induction mais ce ne sera pas pour tout de suite!
    Je suis super flattée que tu cuisine des recettes du blog tous les week end! Puisque tu veux un conseil diététique, voilà ce que je préconise (mais je ne sais pas si ça va te convenir):
    - pour chaque plat réalisé --> 1h de sport dans la semaine
    - 1 seule pâtisserie/gâteau par semaine (et n'en manger qu'une part)

    Posté par loukoum°°°, mardi 8 mars 2011 à 17:33
  • recettes suisses

    Tu as raison, avec des amandes ça aurait pu faire pas mal. Et peut etre aussi avec des noix de pécan ça pourrait bien marcher. Pour le coaching sportif, ça me parait bien comme programme mais je suis pas sure d'y arriver Ces derniers jours seulement, j'ai fait exploser la balance après un week-end en Suisse. D'ailleurs, si tu as des idées de recettes pour ce qui suit, je suis preneuse : j'ai mangé ici à deux reprises ce qu'ils appellent une "curry suppe". C'est un vrai délice. il y a du poulet, du curry et de la crème dedans entres autres.

    Posté par Béji, samedi 12 mars 2011 à 23:37
  • recettes suisses (suite)

    J'ai aussi mangé un dessert à base du fameux quark dont tu nous as déjà parlé. J'ai cru comprendre que ça s'appelait "töpfer" mais pas moyen de trouver une recette. il y a une pate autour une farce au quark avec des raisins secs et c'est servi chaud. Tu sauras peut-etre comment on fait ça. Bonne semaine.

    Posté par Béji, samedi 12 mars 2011 à 23:41
  • Je dois dire que je suis assez nulle en recettes suisses... Mais si je trouve ça, je te fais signe!

    Posté par loukoum°°°, lundi 14 mars 2011 à 07:35
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